Chacun est au fait de la levée de boucliers de certains Conseils de Prud'hommes qui défraie la chronique.
Quelle qu’en soit la solution définitive « en Droit », la réaction de ces juges est légitime, pertinente et salutaire.

Rappelons quand même quelques principes de responsabilité civile contractuelle qui jusqu’à preuve du contraire s’appliquent au contrat de travail.
Le débiteur est censé être condamné, au paiement de dommages et intérêts soit à raison de l'inexécution de ses obligations, soit à raison du retard dans leur exécution, s'il ne justifie pas que l'exécution a été empêchée par la force majeure.
Il est aussi prévu que les dommages et intérêts dus au créancier sont, en général, de la perte qu'il a faite et du gain dont il a été privé.
En ce sens on aura du mal à admettre le système de forfait impersonnel du préjudice qu’est censé subir un salarié privé de son emploi sans justification valable.
Par ailleurs la hiérarchie des normes est aussi en question puisqu’une règle internationale est en principe prioritaire sur le droit interne….

Quoi qu’il en soit, l’enjeux ici est de taille puisqu’il s’agit d’empêcher que la « chosification » du salarié, telle qu’elle existe malheureusement dans certaines entreprises, ne passe ses portes pour s’insinuer dans le traitement même de ce qu’elle est en droit d’exiger en tant que personne.
Il faut redonner ses lettres de valeur au contrat de travail en y recentrant l’humain, ne serait-ce que pour sa qualité de cocontractant.

Les représentants du personnel ont leur rôle à jouer, notamment pour permettre aux salariés de ne justement pas devoir se pourvoir devant le juge ou pour s’adresser à lui fort d’éléments solides justifiant de l’ampleur de son dommage.

Ceci dépendra du bon fonctionnement des instances.

Omar Lebbada